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Bulletin des Grands-Parents pour le climat Genève Octobre 2024 · Mensuel
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EDITO
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Chèr·e·s ami·e·s, chers membres,
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Comme attendu, malheureusement, l’initiative biodiversité n’a pas emporté l‘adhésion du peuple dans les urnes à l’exception de Genève et Bâle-Ville. Alors que rien dans le texte ne visait particulièrement le monde agricole, les paysans se sont sentis une nouvelle fois attaqués, particulièrement par les citadins. Il n’en reste pas moins qu’un tiers des espèces animales et végétales sont déjà éteintes ou en danger chez nous et que la Suisse protège moins de 10% de son territoire, ce qui la relègue à la dernière place des pays européens.
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La prochaine votation du 24 novembre sur l’extension des autoroutes se trouve maintenant dans notre viseur. Comment faire comprendre à la population que ces projets ne feront qu’accroître le trafic et les bouchons au bout de 10 ans, ce que reconnaît l’OFROU (Office fédéral des routes), augmentant les émissions de gaz à effet de serre, principales causes du réchauffement climatique, sans oublier l’impact sur la santé dû à la pollution, notamment celle des microplastiques résultant de l’usure des pneus.
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Il y a là irrespect de la Constitution fédérale qui exige « une utilisation judicieuse et mesurée du sol et une occupation rationnelle du territoire ». Le trafic individuel motorisé utilise environ 1,5 à 2 fois plus de surface que le rail.
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De plus, Albert Rösti et le Conseil fédéral ont décidé récemment de stopper le soutien financier aux trains de nuit et à l’électrification des transports publics. Il s’agit donc d’un refus de mettre en œuvre la volonté du Parlement qui a explicitement voté ces fonds avec la nouvelle loi sur le CO2.
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Cerise sur le gâteau, selon les révélations de la presse, Albert Rösti bloquerait le rapport annuel sur les coûts externes du transport normalement publié chaque année durant l’été. Il ne serait dévoilé qu’en fin d’année. Son département, sous la pression, annonce que le rapport sera soi-disant publié en octobre, donc avant la votation…
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Vraiment ? Il est permis d’en douter !
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Jacqueline
« Jaclim » Lecocq
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À lire dans ce numéro
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Agenda: Des dates à ne pas manquer
Humeur et réflexion : Les billets de Pierre Meyer et du Dr Jean Martin
Le dessin de Chappatte : Retour de flamme pour le nucléaire
Invité·e·s : Aline von Mühlenen, Public Eye, Récolte de fonds et coordination des bénévoles, Yves Batardon, paysan-vigneron à Soral et Marie-Thérèse Chappaz, vigneronne a Fully
Humeur : L'exaspération de René Bonard
À lire absolument : Une sélection de livres et revues
Dans le rétro : Souvenirs, souvenirs…
Le saviez-vous ? Des brèves percutantes et impertinentes !
La salamandre m’a dit : L’extrait du mois de "Moins c’est moins"
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Venez nombreux·euses!
Nous devons nous mobiliser, car:
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Élargir les autoroutes ne résout pas les bouchons.
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Créer de nouvelles voies attire du nouveau trafic.
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Ces six projets coûtent très cher: 5,3 milliards! ...sans compter les coûts d'entretien. Et ce n'est qu'un début: la Confédération veut gaspiller en tout 35 milliards ces prochaines décennies dans des projets d'autoroutes.
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Cet argent devrait aller aux transports publics et aux mobilités actives!
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Le trafic augmentera dans les villes et villages à proximité.
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La Confédération prévoit +44'000 voitures supplémentaires chaque jour à l'échangeur du Vengeron (Genève), +8800 à Coppet et +7000 à Nyon seulement quelques années après l'inauguration de l'A1 élargie. Invivable pour nos quartiers!
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Rendez-vous le samedi 5 octobre à Genève pour manifester contre ces méga autoroutes!
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13h30 · Pl. du Rhône Cortège et arrivée: pl. de la Navigation (Pâquis)
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On se réjouit de vous y voir!
Organisations et soutiens:
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actif-trafiC, ATE, PRO VELO, AG!SSONS, Greenpeace, Alliance Climatique Suisse, Grands-parents pour le Climat, Uniterre, WWF Genève, Pro Natura Genève, Association Climat Genève, Syndicat SIT, CGAS, solidaritéS, Ensemble à Gauche, Les Vert·e·s, Parti Socialiste, Jeunesse Socialiste, Jeunes Vert·exs, Jeunes Vert’Libéraux GE, Décroissance-alternatives, Solidarité et Écologie.
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AGENDA
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RAPPEL: Manifestation contre les méga autoroutes
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Samedi 5 octobre 2024 · Genève 13h30 · Pl. du Rhône Cortège et arrivée: pl. de la Navigation (Pâquis)
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Événement BiodiverCité le 9 octobre
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Prêt-e-s à faire fleurir la biodiversité en ville? L'association Aujourd'hui et ses partenaires (Fonds Electricité Vitale Vert des SIG, Avis Vert, Nous Prod et la Ville de Genève) vous feront découvrir une nouvelle série de clips vidéo mercredi 9 octobre à 18h, à l'occasion d'une table ronde thématique.
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A Table! 2024 – Le concours de la restauration durable
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A Table! Mangeons local et durable est le rendez-vous gourmand du 23 septembre au 20 octobre, une occasion de (re)découvrir nos restaurants préférés et leurs partenaires, les producteur-trice-s et artisan-e-s de la région. Grâce aux talents des chef-fe-s de notre canton, nous pouvons favoriser une cuisine saine et locale dans la convivialité autour d’un bon plat.
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Visites guidées du sentier climatique
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Visites guidées du sentier climatique Accompagné-e par un-e spécialiste du service de l'urbanisme, ce parcours en 11 étapes présente des projets qui luttent contre le dérèglement climatique et rendent le milieu urbain plus résilient. Prochaines dates: mercredi 25 septembre 13h30-17h30, samedi 5 octobre 8h30-12h30. Inscriptions
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Fête des Vergers 12 octobre de 12h à 17h Esplanade des Récréations
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HUMEUR ET REFLEXION
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La transition énergétique, enjeu géopolitique
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Pierre MEYER
Journaliste
Membre du Comité de GPclimat-GE
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Pour Pierre Charbonnier, philosophe et auteur de « Vers l’écologie de guerre »*, le défi climatique n’a jamais été, notamment depuis la Seconde guerre mondiale, au cœur des jeux de pouvoirs géopolitiques. Ce qui explique, en grande partie, que la lutte contre le réchauffement, même si elle a gagné les sphères onusiennes au plus haut niveau (GIEC, COP, Gouvernance climatique mondiale, etc.) n’a eu qu’un impact marginal sur « la paix de carbone », selon l’expression de l’auteur, qui a fait consensus sur la planète.
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Le concept de paix de carbone surgit dans l’immédiat après-guerre dans les cercles libéraux, en particulier anglo-saxons, effrayés par les dévastations des guerres de conquête des régimes fascistes (allemand, japonais ou italien) : comment éviter à l’avenir que la quête d’un lebensraum revendiqué comme tel pour répondre à la rareté des ressources ne se reproduise sans pour autant renoncer à une politique de puissance. La réponse viendra de la paix de carbone, à savoir la mise en place d’un « ordre fossile » qui « ancre la reconstruction du tissu industriel et de la politique internationale dans l’interdépendance de nations visant une croissance rapide et hautement carbonée ».
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En Europe, où les rivalités entre nations débouchèrent sur deux conflits mondiaux, la nouvelle doctrine accoucha d’un premier fruit, la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), en 1951. Il est significatif que pour assurer la stabilité d’un continent jusqu’ici rétif à la coopération pacifique, ce soit la mise en commun du charbon qui ait été privilégiée, préfigurant en cela le lancement de la Communauté européenne en 1957 à Rome.
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Même si l’ordre fossile n’a pas mis un terme aux conflits sur la planète, il en a tout de même réduit l’ampleur, notamment parce qu’il a été à l’origine d’un consensus quasi planétaire, Nord-Sud et Est-Ouest, sur le fait qu’il assurait 1) la stabilité internationale, 2) la prospérité, « la paix et la prospérité s’aliment[ant] mutuellement ». Cette dernière est certes encore très inégalement répartie, mais l’accès aux énergies fossiles, abondantes et au coût le plus faible possible, continue cependant à être le mantra de tous les gouvernements de la planète.
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Face à ce rouleau compresseur bien huilé, la protection du climat a très longtemps été rangée au niveau des accessoires onusiens, occupant diplomates, experts et opinions publiques sans que les fronts bougent pour autant car la sécurité, la paix et la prospérité était fondée sur l’extraction et la consommation sans limites des énergies fossiles.
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A propos de durabilité : d’autres réalités nous montrent que c’est possible
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Dr Jean MARTIN
Médecin en santé publique (ancien médecin cantonal vaudois)
Membre de la Commission scientifique de GPclimat Suisse
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« Ethnographies des mondes à venir », c’est le titre du stimulant ouvrage de Philippe Descola et Alessandro Pignocchi*. Le premier est un anthropologue auteur de contributions fondamentales ("Les lances du crépuscule", "Au-delà de nature et culture"). Le second est chercheur et auteur de BD, qui s'est beaucoup intéressé aux amérindiens amazoniens Achuar, dans la suite de Descola qui a vécu lui trois ans chez eux en début de carrière. Pignocchi a aussi suivi l'épopée de la ZAD de Notre-Dame des Landes, près de Nantes, qu’il évoque.
Ce livre à deux voix est enrichi de pages de BD mettant en scène le président Macron et quelques-uns de ses ministres devenus des écologistes profonds retournant à une existence sauvage, dans des dialogues hilarants.
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La grande thèse de Descola est ici une critique du dualisme qui veut distinguer l'espèce humaine de son milieu de vie en séparant nature et culture. « Le concept de nature, loin de désigner une réalité objective, est une construction sociale de l'Occident moderne. La plupart des autres peuples se passent de la distinction nature-culture et organisent de manière toute différente les relations entre les humains et les autres êtres vivants » (p. 7). L’acception du terme naturalisme qu’il critique maintient ce dualisme alors que nature et culture ne sauraient être séparées dans ce que nous sommes et vivons. Il faut « défaire la distinction entre nature et culture pour inviter les plantes, les animaux et les milieux de vie à partager la sociabilité des humains » (p. 7). Nous faisons partie intégrante et indissociable de la vie de la biosphère Terre, ni plus ni moins.
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Cette notion est essentielle aujourd'hui alors que la dite biosphère est altérée, déréglée, bouleversée, au premier chef par l'utilisation massive récente des combustibles fossiles. Combustibles qui ont beaucoup contribué aux avancées technologiques et aux succès du modèle libéral, mais qui entraînent des déséquilibres majeurs devenant une glissade irréversible – l’Emballement selon le terme de l'historien des sciences Bruno Latour (plus connu et influent chez les Anglo-Saxons que chez ses propres compatriotes).
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Dimension fondamentale, la tendance (l’obsession ?) de notre société à chosifier, quantifier, puis monétariser toutes choses, dans une optique d’interchangeabilité générale. Or, l’anthropologie montre que « dans les sociétés non marchandes, il existe des sphères d'échanges et des sphères de valeurs incommensurables les unes aux autres, c'est-à-dire sans possibilité d'opérer la conversion ou l'interchangeabilité de ce qu'elles contiennent. Le principal effet du caractère surplombant de la sphère économique est qu'elle rend toute chose et tout être commensurable à tout autre » (p.103).
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LE DESSIN DE CHAPPATTE
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© Chappatte dans Le Temps, Genève, 31 août 2024
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Retour de flamme pour le nucléaire
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Aline von Mühlenen
Récolte de fonds et coordination des bénévoles
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Depuis plus de cinquante ans, Public Eye (anciennement Déclaration de Berne) porte un regard critique sur l’impact de la Suisse et de ses entreprises sur les populations les plus vulnérables par des enquêtes exclusives et des recherches approfondies.
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Regarder là où d’autres voudraient que leurs activités restent dans l’ombre, dénoncer les méfaits et proposer des mesures concrètes pour y remédier : c’est la mission que se donne Public Eye.
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Les enquêtes et les analyses fouillées de Public Eye ne permettent pas seulement de dénoncer publiquement les abus, mais ont aussi toujours pour objectif d’y mettre un terme. C’est pourquoi nous réalisons un travail de campagne et de plaidoyer auprès des sociétés et des décideurs politiques, aux niveaux national et international. Public Eye cherche le dialogue et s’engage avec ténacité pour des améliorations concrètes.
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Public Eye a la conviction qu’un monde plus juste est possible. Un monde où tous les êtres humains vivent dans la dignité. Un monde où les limites écologiques sont respectées et où l’environnement est préservé pour les générations futures. Un monde sans discrimination, pacifique et démocratique. Un monde dans lequel l’économie est au service de l’humain, en garantissant des conditions de travail justes et des salaires équitables.
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Public Eye est une organisation indépendante sur les plans politique et financier. Son travail est financé par le soutien de membres et donateurs et donatrices, qui sont les garants de son indépendance, ainsi que, dans une moindre mesure, par des fondations. Des legs et héritages permettent par ailleurs de réaliser des projets de plus grande envergure.
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Dans le cadre de ses enquêtes et de ses campagnes, Public Eye travaille en collaboration avec d’autres organisations de la société civile, avec les victimes et s’engage au sein de réseaux internationaux afin d’atteindre des objectifs communs.
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Édité cinq fois par an, le magazine de Public Eye présente des enquêtes inédites, des reportages, des éclairages sur des thèmes d'actualité et des informations sur ses campagnes en cours.
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Cosigné par
Yves Batardon
Paysan-vigneron à Soral
Marie-Thérèse Chappaz
Vigneronne à Fully
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Les paysan·nes sont-ils les victimes de la biodiversité ou plutôt du libre marché?
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L’USP et les chambres d’agricultures sont de nouveau vent debout contre une initiative populaire.
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Plutôt que d’argumenter sur l’initiative pour la biodiversité, initiative qui de toute façon ne changera rien à la situation économique des paysans suisses, je vais vous raconter une petite histoire que j’ai vécue la semaine passée.
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En montant dans le val d’Hérens, cette magnifique vallée au cœur du Valais, je m’arrête dans une des deux boucheries de la vallée. Dans un présentoir est mis en avant du rack d’agneau affiché comme provenant de Nouvelle-Zélande. Je me permets alors de demander au boucher s’il a des racks d’agneau suisses; ce dernier me répond mot pour mot: «Non je n’en ai pas, car le rack d’agneau suisse n’existe pas, et s’il existait, il serait hors de prix.»
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Comment en est-on arrivés là?
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La Confédération signe continuellement des accords de libre-échange (suppression des taxes d’importation), ceci pour faciliter les exportations des multinationales (chimie, armements, alimentation…). Donc après la Nouvelle Zélande, l’Inde et le Chili en début d’année (1000 tonnes de raisin de table de janvier à juin et du vin), début septembre c’est au tour des œufs qui peuvent être importés avec de nouvelles facilités douanières.
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L’ouverture du marché suisse s’accélère au dépend de la production agricole suisse. Ces importations agricoles, sans contraintes sociales ou écologiques, concurrencent dans l’iniquité la plus totale les productions indigènes. De ce fait, inexorablement, il n’y a pas que la biodiversité qui disparaît, il y a aussi les paysans.
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A chacun de mesurer ce qui lui fait du mal. Est-ce l’écologie et ceux qui la défendent, ou le libre marché et ceux qui en profitent.
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Lithium métal maudit
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L’incendie qui a eu lieu il y a quelques semaines à Genève nous le rappelle, le lithium est partout et il est devenu le cauchemar des centres de recyclage, car les batteries au lithium équipant les petits appareils électroniques, notamment les puffs, provoquent des incendies et aucun centre de tri n’est épargné !
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À l’origine, le lithium était principalement employé pour la fabrication des verreries et céramiques, pour les graisses lubrifiantes ou bien pour la production d’aluminium. Désormais, c’est surtout pour son utilisation massive dans les batteries lithium-ion des appareils électroniques ou des véhicules électrifiés que cet élément chimique pose question.
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La part des batteries dans la consommation totale de lithium a « explosé », puisqu’elle représente désormais plus de 70 %, contre 23 % en 2010. Et comme « un malheur n’arrive jamais seul » son extraction exige un processus très énergivore et demande de grandes quantités d'eau et de produits chimiques. Et que dire des régions dévastées et des conditions sociales et sanitaires des travailleurs·euses ?
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Cette fuite en avant de nos sociétés basées sur la croissance et non sur le bien-vivre ensemble et le bien-être, avec cette illusion que la technique va tout résoudre, comme nous le chantent certains « gourous », nous entraîne dans un empirisme technologique que nous ne contrôlons déjà plus.
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Gageons que si la technologie était pensée de manière bienfaisante et non pas de manière mercantile elle pourrait nous permettre d’évoluer vers un monde plus durable et solidaire…
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"Vous êtes trop politique"
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Cet article de Bon Pote s'en prend aux critiques accusant le média d'être devenu trop politique dans sa couverture des questions climatiques. L'auteur y affirme que tout, y compris le changement climatique, est intrinsèquement politique. Le changement climatique est le résultat de décisions politiques passées, présentes et futures. Comme le sont d'autres problèmes environnementaux tels l'effondrement de la biodiversité et la pollution.
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Il revient aussi sur le concept de neutralité journalistique et son application dans le contexte du changement climatique.
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Technocritiques
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Du refus des machines à la contestation des technosciences
Éditions la Découverte
François Jarrige Historien, maître de conférences à l'université de Bourgogne et membre de l'Institut universitaire de France. Il est spécialiste de l'histoire des mondes du travail, des techniques et de l'environnement.
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Magazine «l'environnement»
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Le magazine «l'environnement» édité par l'OFEV paraît quatre fois par an. Chaque numéro est consacré à un thème particulier et présente les connaissances les plus récentes dans le domaine.
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Le magazine très bien documenté encourage à un comportement écologique.
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Il existe en version papier et en version numérique, l'abonnement est gratuit. Alors n'hésitez pas à vous abonner.
Nous nous demandons quand même si nos élus à Berne le lisent!!
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Le quartier de la Paix à Nyon a été totalement décarbonné
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Cette coopérative de 11 immeubles ne consomme plus d'énergie fossile directement. Les onze immeubles reliés entre-eux sont équipés avec du solaire, des pompes à chaleur et ont été isolés. Les besoins en énergie ont tellement baissé que celle qui est disponible sur le site suffit à couvrir la majorité des besoins. C'est possible et encourageant.
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Liseuse électronique ou livre papier, y’a pas de match !
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Le livre papier, consomme des ressources naturelles, notamment du bois, et son processus de production émet du CO2. Néanmoins, pour un lecteur occasionnel, lire un livre de 300 pages sur papier laisse une empreinte carbone environ dix fois inférieure à celle de la même lecture sur une liseuse ou une tablette. Et on divise encore par 2 si c’est un livre d’occasion !
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L'Afrique subit le changement climatique "de manière disproportionnée"
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L'Afrique "pâtit de manière disproportionnée du changement climatique" et des coûts de son adaptation, selon un rapport publié par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), un organe des Nations unies.
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Toujours plus de méthane dans l'atmosphère
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Les concentrations de méthane dans l'atmosphère ne cessent d'augmenter, à un rythme qui s'est accéléré ces dernières années. Environ 40 % du méthane provient de sources naturelles, dans les zones humides notamment, mais la majorité (autour de 60 %) est liée aux activités humaines comme l'agriculture (élevage des ruminants et culture du riz), les énergies fossiles et les déchets. Qu'est-ce que les états attendent pour agir?
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Le tourisme spatial: encore une aberration écologique
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Des chercheurs ont calculé les émissions de CO2 de ce business en plein développement. Un vol suborbital de six passagers à environ 100 km d’altitude, permettant d’expérimenter l’apesanteur et de voir la courbure de la Terre, représente 27.2 tonnes de CO2 Soit 4,5 tonnes par passager soit plus de deux fois l’émission individuelle annuelle à ne pas dépasser pour éviter un réchauffement climatique de plus de 2°C.
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Empreinte carbone du numérique
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L’empreinte carbone du numérique devrait tripler d’ici 2050. Ça fait chaud dans le dos !
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Produits responsables trop chers en France?
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Selon la banque française éco-responsable Helios 78% des français·ses n'achètent pas responsable à cause des prix trop élevés. Et en Suisse ?
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Climat: des dizaines de recours contre les compagnies d'énergies fossiles dans le monde
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Quelque 86 recours ont à ce jour été engagés dans le monde contre les grandes compagnies du pétrole, du gaz et du charbon, accusées de dérégler le climat, selon un rapport publié par Oil Change International et Zero Carbon Analytics.
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Suisse: les glaciers ont à nouveau perdu du volume en 2024
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En 2024, les glaciers suisses ont perdu environ 2,5% de leur volume. Malgré un hiver très enneigé, les glaciers ont fondu dans des proportions supérieures à la moyenne.
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DANS LE RETRO
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GPclimat-GE en action au mois de septembre Avec le Cyclotrain et "Quel monde voulons-nous?"
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50 ans des Avanchets
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Alternatiba Léman 2024
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21 septembre aux Bastions
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Multirêv' à Versoix
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Olympiades aux Libellules
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Effet rebond
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Il s'agit d'un phénomène essentiel à comprendre, car il réduit bien des efforts à néant. L'effet rebond explique pourquoi la consommation totale d'énergie est en hausse constante, alors même que les appareils sont de plus en plus économes. Un exemple frappant: il y a quarante ans, il fallait 1million de fois plus d'énergie qu'aujourd'hui pour faire un seul calcul sur un ordinateur. Pourtant, la consommation d'énergie des infrastructures informatiques double à peu près tous les cinq ans: ces opérations sont devenues si faciles et si économiques à exécuter que leur nombre a explosé.
C'est une boucle de rétroaction: un gain d'efficacité permet une surconsommation qui annule tout ou partie du bénéfice. On l'observe partout. Ainsi les gens qui installent des ampoules basse consommation ont tendance à laisser la lumière allumée plus longtemps, car l'éclairage revient moins cher. Le phénomène a aussi des répercussions indirectes: avec les économies de lumière réalisées, on s'offre une plus grosse télé. Et le gain pour l'environnement disparaît.
L'effet rebond a une forte composante morale. Par exemple, quelqu'un qui remplace sa voiture par un modèle électrique ou plus économique se met souvent à rouler plus. C'est comme si nous avions en nous une sorte de balance éthique qui nous autoriserait un péché pour chaque bonne action. Ainsi, beaucoup pensent en faire déjà assez pour l'environnement en recyclant les couvercles en métal, et s'en tiendront là. Dans le même ordre d'idées, certains riches s'achètent une Tesla pour s'absoudre de la mode de vie dispendieux.
Comment lutter contre ce paradoxe? Commencez par en prendre conscience. Tentez de considérer les faits avec objectivité: ma consommation d'énergie a-t--elle vraiment baissé avec ce nouveau chauffage ou ai-je tendance à augmenter la température? Promettez-vous une récompense si vous atteignez les objectifs écologiques que vous vous êtes fixés. Vous pourrez ainsi rééquilibrer votre balance interne sans aggraver la situation pour l'environnement.
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Mathias Plüss, "Moins, c'est moins!", Editions de la Salamandre, 2023.
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Vous pouvez commander ce livre ici.
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Rédaction, édition : René Bonard, François Filliettaz
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