L’autoroute A412 : Une vision d’avenir à contre-sens

René Bonard
Membre fondateur, chargé de projets

Encore une fois, malgré l’avis des scientifiques, on va détruire toute une région sous prétexte de fluidifier le trafic automobile alors que l’on sait très bien que construire de nouvelles routes ne réduit pas les bouchons, cela crée du trafic supplémentaire. En direction de Genève depuis Machilly les milliers de véhicules supplémentaires vont se déverser sur la D1206 déjà surchargée à certaines heures et surtout sur les communes genevoises limitrophes qui sont également déjà saturées. 


Cette autoroute va balayer environ 180 hectares d’espaces naturels et agricoles, plus de 50 hectares de zones humides et des réservoirs essentiels de biodiversité.


C’est également la déforestation par l’abattage d’arbres centenaires et va fragmenter les forêts locales.
Les expropriations liées au chantier frappent aussi le secteur agricole et équin. Elles privent de terres les exploitations locales, les pâtures des bovins ainsi que les nombreux élevages et pensions de chevaux installés dans la vallée.


Et comme si ça ne suffisait pas l’empreinte carbone annoncée par l’Autorité environnementale pour le chantier et l’utilisation de l’axe routier s’élèvera à près de 286 000 tonnes de CO2 sur 20 ans.

Malgré ces arguments irréfutables avancés par un collectif formé d’une vingtaine d’associations et d’une quarantaine de riverains, qui s’alarment des effets de ce chantier sur les forêts, les espèces protégées et la ressource en eau, la Cour administrative d’appel de Lyon a refusé le 15 octobre de suspendre en urgence les travaux lancés il y a 7 semaines dans le Chablais.


Quant au recours de la Ville de Genève et des six communes (Choulex, Presinge, Gy, Puplinge, Vandoeuvres et Lancy) en référé-suspension contre l’autoroute A412, il sera examiné par la Cour administrative d’appel de Lyon le 28 octobre, avec certainement peu d’espoir de succès alors que le Léman Express apporte les preuves depuis 2019 qu’une solution aux déplacements pendulaires plus respectueuse de l’environnement est possible. 


Il faut bien entendu continuer les luttes contre ces aberrations écologiques et je ferais une suggestion : pourquoi ne pas réaffecter les 350 millions d’euros consacrés à ce projet pour financer durablement la protection de la biodiversité, la mobilité douce et la transition énergétique dans notre belle région et ainsi offrir un avenir plus serein aux générations futures? À bon entendeur salut !