Retour du nucléaire : « À qui profiterait le crime ? »

René Bonard
Membre fondateur, chargé de projets

 

Alors là c’est le pompon ? Le Conseil fédéral suivi par le Parlement a
décidé le mois passé de lever l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires, faisant fi de la votation du 21 mai 2017.

Au Parlement c’est l’UDC le PLR et l’UDF, suivi par une partie importante des élus du Centre qui nous vaut cette absurdité économique et écologique.

Car construire de nouvelles centrales, c’est coûteux, dangereux, et totalement dépassé ! Où irait-on chercher les milliards pour les soutenir ? On peut aisément imaginer que ce sont les budgets dévolus aux énergies renouvelables et à la rénovation des bâtiments considérés comme des « passoires énergétiques » qui seraient ponctionnés !

Le nucléaire, c’est un peu jouer à la roulette russe (?!) avec quelques États autoritaires. Notre pays n’a pas d’uranium, il devra continuer à l’importer. Certains de ces pays sont des pays autoritaires où la démocratie est une option, pas une garantie. Imaginez : Notre énergie dépendra en partie de tyrans ! Belle indépendance ! Cela paraît d’autant plus incroyable puisqu’actuellement en raison des conflits en cours (Russie, Ukraine, Iran…) le nucléaire est au centre de toutes les inquiétudes.

Pour couronner le tout s’ajoute le problème du refroidissent des centrales. Celles-ci auront toujours besoin à l’avenir d’eau pour leur refroidissement et à ce jour de très nombreuses centrales sont soit ralenties, soit à l’arrêt en raison de la température trop élevée des cours d’eau.

Et les déchets radioactifs ? Et bien ils resteront dangereux pendant des millions d’années, c’est un bien bel héritage qu’on laissera à nos petits-enfants.

Alors « à qui profiterait le crime ? », certainement à quelques entreprises et leurs actionnaires. Mais à quel prix pour l’avenir de notre Planète et de ses habitant·es ?