
René Bonard
Si notre slogan VADE RETRO PLASTIKAS exhibé lors de la manif du 4 août devant l’ONU a obtenu un réel succès puisque sa photo a fait un petit tour du monde grâce à l’AFP (France, Belgique, USA, Corée, Portugal, RFI, Facebook, X…), il n’en aura pas été de même pour les négociations qui n’auront abouti qu’à un échec total !
C’était pourtant la 6ème tentative après cinq négociations improductives.
Ce cauchemar s’est déroulé à Genève dans la chaleur estivale où plusieurs centaines de délégués représentant 176 pays membres de l’ONU, de nombreuses ONG, la communauté scientifique, mais aussi le lobby du pétrole se sont retrouvés du 5 au 14 août pour une sixième et en théorie ultime session. Encore un raout démesuré pour rien !
Et pourtant le désastre écologique lié au plastique ne fait aucun doute.
Rien qu’en 2024, l’humanité aura consommé plus de 500 millions de tonnes de plastique et sur ce total, 399 millions de tonnes deviendront des déchets selon Jyoti Mathur-Filippi, Secrétaire exécutive du Comité intergouvernemental de négociation. En outre, les fuites de plastique dans l’environnement devraient augmenter de 50 % d’ici 2040, a poursuivi Mme Mathur-Filipp « Le coût des dommages causés par la pollution plastique pourrait atteindre un total cumulé de 281.000 milliards de dollars entre 2016 et 2040 ».
Voilà pour les faits, mais malheureusement cela n’aura pas suffit et ce qui me révolte encore et toujours c’est que notre système basé sur le profit et la croissance bafoue les droits des humains et de la nature au bénéfice de quelques nantis, de quelques multinationales et de nations aveuglées par le PIB (Produit Intérieur Brut) plutôt que par le BNB (Bonheur National Brut) initié au Bhoutan en 1972.
De qui se moque t’on ! Et que faire ? Des luttes juridiques ? Elles sont exemplaires et admirables et nous nous engageons partout où nous pouvons le faire, mais le système veut qu’elles prennent un temps colossal (plusieurs années pour une initiative par exemple,…), des ateliers pédagogiques, des soutiens aux initiatives locales ? Ça aussi nous le faisons, mais l’urgence climatique doit nous pousser à être encore plus véhéments pour imposer aux gouvernements la prise de mesures radicales maintenant et tout de suite !
Seriez-vous partant·e·s ?
