Les échogestes : Le nouvel opium du Peuple bien-pensant ?

René Bonard
Membre fondateur, chargé de projets

Les écogestes : quelle merveilleuse invention ! Sous couvert de sauver la planète à coups de pailles en papier et de douches chronométrées, ils offrent aux États une opportunité inespérée. Notre bonne conscience collective pourrait bien devenir la complice idéale de l’inaction politique, laissant nos gouvernements se frotter les mains pendant que nous nous sentons responsables.


Comment accepter ce paradoxe où, pendant que l’on se prive d’avion, des décideurs utilisent des jets privés pour se rendre aux COP ?


Le concept est diaboliquement simple : transférer la responsabilité du système en culpabilisant l’individu. Si la planète chauffe, c’est évidemment parce que nous avons oublié d’éteindre la lumière en sortant de la pièce, pas parce que cent entreprises polluent plus que des millions de citoyens réunis.


C’est pratique, non ? Les États peuvent ainsi pointer du doigt notre manque de vertu écologique tout en continuant à favoriser une croissance économique incompatible avec la survie de l’espèce. Notre culpabilité devient leur alibi parfait.
Et ne parlons pas des campagnes publicitaires qui nous expliquent comment trier nos déchets pendant que les états autorisent l’artificialisation de milliers d’hectares de terres agricoles.


Nous nous sentons responsable ? Parfait ! Restons attentifs sur notre empreinte carbone, mais parallèlement agissons en créant des coalitions avec d’autres organismes partageant nos valeurs pour faire pression sur nos édiles et ainsi éviter que des décisions politiques indispensables soient repoussées aux calendes grecques.