L’INFOlettre du mois de Juillet 2026

Une  Assemblée citoyenne pour la démocratie, programmée pour mars 2026, coordonnée par le Directeur du Département de sciences politiques et portée par le Département de la cohésion sociale (DCS) avait attiré la candidature de 900 personnes, séduites par le projet. Il s’agissait de réunir 100 Genevois·es parmi les pré-inscriptions afin de formuler des propositions concrètes pour renforcer la participation sociale et politique des citoyen·nes.
Mais, c’était sans compter la réaction du Grand Conseil, (notamment au PLR et au Centre), qui, en février par la voix de Thierry Apothéloz, chef du DCS, a balayé la constitution de cette assemblée, lui dénigrant toute légitimité, le Grand Conseil devant être le seul pouvoir législatif.
Les partenaires du projet – Université, Caritas, Hospice général, FASe, Centre de Contact Suisses-Immigrés- ont été mis devant le fait accompli.

Sans rapport direct avec cette annulation, une initiative «Pour des assemblées citoyennes thématiques» vient d’être lancée par Déclic’Démocratique et le Parlement des Jeunes Genevois. Elle vise à modifier la Constitution afin de mettre en place un espace d’échanges dans une démarche de démocratie participative apartisane. La constitution d’une telle assemblée sur une thématique particulière d’intérêt général pourrait être demandée soit par la récolte de signatures de 2 % des titulaires des droits politiques cantonaux ou par une majorité du Grand Conseil. Les propositions constitutionnelles ou législatives émises seront transmises au parlement qui devra les traiter comme des initiatives populaires.
50 participant·es volontaires par assemblée, seront tiré·es au sort en respectant des critères de représentativité (âge, genre, domicile, etc.) inscrits dans une loi d’application.
Plusieurs étapes bien définies permettront de voter à la fin du processus, sous la responsabilité de la Chancellerie d’État. Une fois le sujet traité, l’assemblée citoyenne sera dissoute.

L’INFOlettre du mois de Mai 2026

Parler du climat sans plomber l’atmosphère

Tel est le titre du nouveau livre de François Gemenne, professeur à HEC Paris, chercheur au FNRS (Belgique) et l’un des auteurs du sixième rapport du GIEC.

Au-delà des interrogations sur ses engagements industriels (cf l’INFOlettre d’octobre 2025) et sa vision du nucléaire, François Gemenne propose dans ce livre une réflexion essentielle et constructive pour guider le changement.

En 5 parties et 40 questions, il réussit le pari de parler autrement du climat si nous voulons réussir la transition. Il s’agit de passer de la sensibilisation, qui lasse par le flux continu de mauvaises nouvelles, à l’explication visant à dissiper les malentendus qui concernent certains aspects du système climatique.

Dans la partie consacrée à la SCIENCE au chapitre 2, sans remettre fondamentalement en cause le concept de limites planétaires dominé par le climat et la biodiversité, il souligne la difficulté de faire des choix sans conséquences dommageables pour l’une ou l’autre. Les mesures adoptées pour la protection de la biodiversité permettent des résultats plus rapides et plus localisés que celles concernant le changement climatique. A l’inverse, les activités extractives, la construction de lignes de chemin de fer, de barrages hydroélectriques, pourront avoir un effet dévastateur sur la biodiversité.

Dans les chapitres suivants, il aborde la nécessité de renforcer les puits de carbone, l’évolution souhaitable des rapports du GIEC, comme moteurs de l’action climatique, plutôt que prétextes à l’inaction des décideurs. S’ensuit le développement de la géo-ingénierie, dépourvue de cadre réglementaire. Son recours pourrait être un prétexte pour ne pas réduire les émissions.

L’INFOlettre du mois d’Avril 2026

Mobilité à Genève, le référendum contre la généralisation des 50 km/h est déposé.
La population pourra voter, en principe cet automne, sur les limitations de vitesse dans nos rues. En effet, le référendum contre la généralisation des 50 km/h sur les axes structurants, loi adoptée par le Grand Conseil en février, a été déposé, il comprend 5456 signatures (signalons que GPclimat-GE a participé à cette récolte de signatures).

Le texte est l’œuvre de partis de gauche, d’ associations en faveur de la protection du climat et de la mobilité douce.

Les avantages d’une limitation à 30km/h semblent évidents. Elle améliore la qualité de vie de la population, quant à la sécurité tout d’abord, puisqu’elle diminue le risque d’accidents, principalement des accidents mortels. Le bruit du trafic nuit à la santé de celles et ceux qui y sont exposé·e·s, réduisant le nombre d’années de vie en bonne santé. Il augmente le risque de développer des maladies cardiovasculaires et un diabète. En Suisse, chaque année, 500 à 700 décès sont partiellement imputables au bruit.

L’argument de la fluidité du trafic à 50km/h avancé par la droite ne tient pas. En milieu urbain dense, une réduction de la vitesse permet réduire l’amplitude des accélérations et freinages entre deux feux rouges, réduit la pollution de l’air et les microparticules de pneus.

Restera la possibilité de choisir au cas par cas, selon les endroits et les contraintes, la vitesse la plus adaptée.

Pour plus d’infos, voir: https://www.actif-trafic.ch/30video

Et pour la mobilité en Suisse, Actif-TrafiC lance une initiative, GPclimat-GE fait partie des organisations partenaires

Actif-trafiC de son côté commencera le 1er mai la récolte de signatures pour son initiative populaire fédérale « pour des transports publics forts et des tarifs aériens équitables » appelée aussi « Initiative pour des bons de mobilité ».

L’INFOlettre du mois de Mars 2026

Les nouvelles du monde sont toujours plus tragiques et nous laissent abasourdis. La loi du plus fort règne sans retenue et repousse indéfiniment l’avènement d’un avenir où régnerait le respect des règles internationales établies après 1945, actuellement bafouées sans vergogne par des dirigeants qui s’octroient le droit d’imposer leur vision hégémonique au reste du monde.

Outre la violence extrême qui décime des populations sous les bombes et les drônes,  une autre violence menaçante se manifeste sous forme d’entrave à la liberté d’expression, de censures diverses, d’attaques racistes, antisémites, anti-musulmanes, anti-LGBTIQ+. Cette montée de l’extrême droite prônant la prétendue suprémacie de la race blanche nous rappelle sans équivoque la montée du nazisme. Le terrorisme d’ultra droite se répand, représente un danger pour nos démocraties et appelle donc à la plus grande vigilance.

L’INFOlettre du mois de Février 2026

Comme annoncé dans l’édito de janvier, évoquons les prochaines votations du 8 mars prochain, particulièrement celle de l’initiative sur le fonds climat, que le Conseil fédéral et le Parlement rejettent. Le sondage Tamedia ne porte pas à l’optimisme. Le texte, déposé par les Verts et les socialistes recueille une majorité de non. Seuls les électeurs et électrices de ces partis y sont favorables.

Le politique fait marche arrière : des économies de 400 millions sont prévues dans la protection du climat. Albert Rösti retarde la mise en œuvre de la loi climat. Devant ces perspectives alarmantes qui nous empêcheront assurément d’atteindre nos objectifs climatiques, l’Association suisse pour la protection du climat met en pause avec regret son initiative permafrost et va consacrer ses efforts à contrer les coupes du budget fédéral, à s’engager pour une mise en œuvre de la loi climat et la nouvelle loi CO2.

L’initiative pour un fonds climat serait alimenté entre 0.5 et 1% du produit intérieur brut ce qui représente entre 4 et 8 milliards et ce montant permettrait de développer les énergies renouvelables, rénover les bâtiments, investir dans les transports, protéger la biodiversité, encadrer la formation en vue de créer des emplois durables, couvrir les pertes de revenu dues aux reconversions professionnelles, lutter contre les conséquences actuelles du changement climatique.

Le fonds échapperait au frein à l’endettement, ce qui crispe les opposants. Le gouvernement rappelle que 2 milliards de francs par an sont déjà consacrés au climat et à l’énergie ainsi que 600 millions à la biodiversité. « La Suisse en fait donc assez pour le climat » osent affirmer nos édiles la bouche en cœur. Voilà de belles paroles déjà entendues lors du verdict de la CEDH à Strasbourg qui estimait que la Suisse n’était pas à la hauteur des enjeux pour protéger sa population. Les Aînées pour le climat attendent toujours une réponse satisfaisante.