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L’INFOlettre du mois de Mai 2026
Parler du climat sans plomber l’atmosphère
Tel est le titre du nouveau livre de François Gemenne, professeur à HEC Paris, chercheur au FNRS (Belgique) et l’un des auteurs du sixième rapport du GIEC.
Au-delà des interrogations sur ses engagements industriels (cf l’INFOlettre d’octobre 2025) et sa vision du nucléaire, François Gemenne propose dans ce livre une réflexion essentielle et constructive pour guider le changement.
En 5 parties et 40 questions, il réussit le pari de parler autrement du climat si nous voulons réussir la transition. Il s’agit de passer de la sensibilisation, qui lasse par le flux continu de mauvaises nouvelles, à l’explication visant à dissiper les malentendus qui concernent certains aspects du système climatique.
Dans la partie consacrée à la SCIENCE au chapitre 2, sans remettre fondamentalement en cause le concept de limites planétaires dominé par le climat et la biodiversité, il souligne la difficulté de faire des choix sans conséquences dommageables pour l’une ou l’autre. Les mesures adoptées pour la protection de la biodiversité permettent des résultats plus rapides et plus localisés que celles concernant le changement climatique. A l’inverse, les activités extractives, la construction de lignes de chemin de fer, de barrages hydroélectriques, pourront avoir un effet dévastateur sur la biodiversité.
Dans les chapitres suivants, il aborde la nécessité de renforcer les puits de carbone, l’évolution souhaitable des rapports du GIEC, comme moteurs de l’action climatique, plutôt que prétextes à l’inaction des décideurs. S’ensuit le développement de la géo-ingénierie, dépourvue de cadre réglementaire. Son recours pourrait être un prétexte pour ne pas réduire les émissions.
GPCLIMAT-GE EXPRESS mai 2026
L’INFOlettre du mois d’Avril 2026
Mobilité à Genève, le référendum contre la généralisation des 50 km/h est déposé.
La population pourra voter, en principe cet automne, sur les limitations de vitesse dans nos rues. En effet, le référendum contre la généralisation des 50 km/h sur les axes structurants, loi adoptée par le Grand Conseil en février, a été déposé, il comprend 5456 signatures (signalons que GPclimat-GE a participé à cette récolte de signatures).
Le texte est l’œuvre de partis de gauche, d’ associations en faveur de la protection du climat et de la mobilité douce.
Les avantages d’une limitation à 30km/h semblent évidents. Elle améliore la qualité de vie de la population, quant à la sécurité tout d’abord, puisqu’elle diminue le risque d’accidents, principalement des accidents mortels. Le bruit du trafic nuit à la santé de celles et ceux qui y sont exposé·e·s, réduisant le nombre d’années de vie en bonne santé. Il augmente le risque de développer des maladies cardiovasculaires et un diabète. En Suisse, chaque année, 500 à 700 décès sont partiellement imputables au bruit.
L’argument de la fluidité du trafic à 50km/h avancé par la droite ne tient pas. En milieu urbain dense, une réduction de la vitesse permet réduire l’amplitude des accélérations et freinages entre deux feux rouges, réduit la pollution de l’air et les microparticules de pneus.
Restera la possibilité de choisir au cas par cas, selon les endroits et les contraintes, la vitesse la plus adaptée.
Pour plus d’infos, voir: https://www.actif-trafic.ch/30video
Et pour la mobilité en Suisse, Actif-TrafiC lance une initiative, GPclimat-GE fait partie des organisations partenaires
Actif-trafiC de son côté commencera le 1er mai la récolte de signatures pour son initiative populaire fédérale « pour des transports publics forts et des tarifs aériens équitables » appelée aussi « Initiative pour des bons de mobilité ».
L’INFOlettre du mois de Mars 2026
Les nouvelles du monde sont toujours plus tragiques et nous laissent abasourdis. La loi du plus fort règne sans retenue et repousse indéfiniment l’avènement d’un avenir où régnerait le respect des règles internationales établies après 1945, actuellement bafouées sans vergogne par des dirigeants qui s’octroient le droit d’imposer leur vision hégémonique au reste du monde.
Outre la violence extrême qui décime des populations sous les bombes et les drônes, une autre violence menaçante se manifeste sous forme d’entrave à la liberté d’expression, de censures diverses, d’attaques racistes, antisémites, anti-musulmanes, anti-LGBTIQ+. Cette montée de l’extrême droite prônant la prétendue suprémacie de la race blanche nous rappelle sans équivoque la montée du nazisme. Le terrorisme d’ultra droite se répand, représente un danger pour nos démocraties et appelle donc à la plus grande vigilance.
L’INFOlettre du mois de Février 2026
Comme annoncé dans l’édito de janvier, évoquons les prochaines votations du 8 mars prochain, particulièrement celle de l’initiative sur le fonds climat, que le Conseil fédéral et le Parlement rejettent. Le sondage Tamedia ne porte pas à l’optimisme. Le texte, déposé par les Verts et les socialistes recueille une majorité de non. Seuls les électeurs et électrices de ces partis y sont favorables.
Le politique fait marche arrière : des économies de 400 millions sont prévues dans la protection du climat. Albert Rösti retarde la mise en œuvre de la loi climat. Devant ces perspectives alarmantes qui nous empêcheront assurément d’atteindre nos objectifs climatiques, l’Association suisse pour la protection du climat met en pause avec regret son initiative permafrost et va consacrer ses efforts à contrer les coupes du budget fédéral, à s’engager pour une mise en œuvre de la loi climat et la nouvelle loi CO2.
L’initiative pour un fonds climat serait alimenté entre 0.5 et 1% du produit intérieur brut ce qui représente entre 4 et 8 milliards et ce montant permettrait de développer les énergies renouvelables, rénover les bâtiments, investir dans les transports, protéger la biodiversité, encadrer la formation en vue de créer des emplois durables, couvrir les pertes de revenu dues aux reconversions professionnelles, lutter contre les conséquences actuelles du changement climatique.
Le fonds échapperait au frein à l’endettement, ce qui crispe les opposants. Le gouvernement rappelle que 2 milliards de francs par an sont déjà consacrés au climat et à l’énergie ainsi que 600 millions à la biodiversité. « La Suisse en fait donc assez pour le climat » osent affirmer nos édiles la bouche en cœur. Voilà de belles paroles déjà entendues lors du verdict de la CEDH à Strasbourg qui estimait que la Suisse n’était pas à la hauteur des enjeux pour protéger sa population. Les Aînées pour le climat attendent toujours une réponse satisfaisante.
L’INFOlettre du mois de Janvier 2026
Difficile d’aborder ce début d’année le coeur léger face au drame épouvantable du 1er de l’an qui laisse sans voix. Nos pensées vont sans retenue aux familles et proches affecté·es, qui devront être soutenu·es sur le long terme.
Il nous faut pourtant avancer sur le chemin caillouteux de notre investissement pour la protection du climat, de la biodiversité, de la justice sociale et climatique en lien avec nos valeurs. Les quelques actions collectives que nous voyons surgir ça et là, laissent entrevoir l’avènement d’un monde meilleur dans un avenir plus ou moins proche.
Reste que de larges parts d’ombres règnent sur notre démocratie suisse. Comment par exemple, faire confiance à un parlement dont les trois quarts des élus cachent leurs revenus annexes, comme le révèle le dernier rapport de Lobbywatch. Situation persistante malgré les critiques répétées du Groupe d’États contre la corruption du Conseil de l’Europe (GRECO). Comme attendu, les parlementaires de droite sont les plus discrets dans ce domaine. Les formations de gauche, Verts en tête (68 % de transparence totale), suivis par le PS (51%) se montrent plus diserts.
L’absence de contrainte légale demeure le principal frein à la transparence. Une initiative visant à rendre obligatoire la publication des revenus sous forme de fourchettes a été rejetée par le conseil des États en mai 2024. Les parlementaires sont uniquement tenus de déclarer l’existence de leurs mandats sans obligation de révéler les montants perçus.
